L'éclairage juste

Résumé: 
La consommation et la pollution lumineuse est à son comble depuis les années 1990. Il est important aujourd’hui de poser la réflexion de nos besoins et de l’impact sur notre environnement. Notre réflexion se doit d’éviter ceci.
Corps: 

Des objectifs simples et efficaces

  • une prise en compte de la pollution lumineuse
  • une lumière adaptée aux besoins et ambiances d’un lieu de vie
  • un éclairage adapté dans son process de fabrication aux économies de rejet polluant
  • un éclairage optimal dans sa consommation énergétique

 

Des solutions pour atteindre ces objectifs

  • Les typologies de lanternes
  • Les typologies de sources lumineuses
  • Les appareillages d’enclenchement
  • Les nouvelles technologies de régulation et de réduction de tension
  • Les supports
  • L’éclairage & le développement durable dans le temps

L’éclairage fait partie intégrante des modes de vie, de déplacement, de rassemblement. La prise de conscience de sa nécessité remonte à bien des décennies, mais son intégration douce dans notre paysage quotidien depuis bien peu de temps.

 

Du premier brevet déposé par Philippe Lebon, ingénieur Ponts & Chaussées le 28 septembre 1799, aux premiers essais d’éclairage public en janvier 1829, l’éclairage c’est démocratisé. De cette période à nos jours les recherches et développements n’ont cessé de progresser, passant du gaz, à l’électricité avec des sources de plus en plus puissante et un taux de luminescence explosant dans les années 1970 à 1995. Depuis une petite dizaine d’années, une évolution vers une tendance à la réflexion entre les besoins et les moyens fait jour dans le milieu éclairé … de la mise en lumière.

 

L’éclairage est important pour le développement du tissu sociologique d’un lieu, lien indéniable de rencontre et d’échange. Cette présentation a pour objectif d’amener les aménageurs à recentrer les véritables besoins de leur éclairage et à trouver un équilibre entre la consommation d’énergie et les enjeux de luminosité d’un site donné.

Les typologie de lanternes

Il existe trois grandes catégories de lanternes

  • Fonctionnel – réseau viaire primaire,
  • Fonctionnel-déco – réseau viaire secondaire,
  • Décoratif – piéton, voirie, tertiaire, parvis, esplanade, etc…

Le fonctionnel

La défilée et défilée absolu

  • Confort visuel et maîtrise du flux (la source lumineuse n’est pas visible, donc pas d’éblouissement
  • Interdistance plus courte (de 3 à 3.5 fois la hauteur)

La non défilée

  • Interdistance plus longue (jusqu’à 5 fois la hauteur)
  • Flux arrière important (pouvant être intéressant pour les cheminements pietonniers avec un éclairage arrière)
  • Éblouissement et pas / peu de maîtrise du flux, pollution lumineuse importante
  • Dans les nouvelles gammes, disparition dans les catalogues (problème de suivi de maintenance)

La semi défilée

  • Un compromis entre la défilée et la non défilée
  • Un compromis entre la défilée et la non défilée
  • Interdistance moyenne (de 3.5 à 4.5 fois)
  • Contrôle plus aisé du flux lumineux

Le Fonctionnel-déco

La "boule"

  • Le prix
  • Pollution lumineuse maximum
  • Vandalisme, entretien (mousse), etc…

La décorative suspendue

  • Éclairage vers le bas, pas de pollution lumineuse
  • Réflecteur fonctionnel
  • Flux arrière important

La décorative portée

  • Eclairage vers le bas, pas de pollution lumineuse
  • Utilisation de lampe fluo-compact
  • Éclairage à 360°

La colonne

  • Très bon éclairement verticaux (privilégie une vision sécuritaire des personnes aux alentours)
  • Coût
  • L’inclinaison

L’inclinaison d’une lanterne, permet :

  • d’obtenir des profondeurs de champs plus importants, donc de réduire les hauteurs de mâts.
  • de garantir un éclairage optimal, qui n’éblouira pas et dont le flux lumineux sera utilisé aux stricts besoins.

Les réflecteurs

  • La mise en place de réflecteur adapté, permet :
  • d’élargir le champ, donc d’augmenter l’écartement des candélabres.
  • de mieux répartir le flux lumineux et de répondre strictement aux besoins.

Les différentes sources lumineuses

Elles jouent un rôle prépondérant et en complémentarité avec le choix de lanterne. Elles sont source d’ambiance et de sécurité.

La SHP (Sodium Haute Pression)

  • Longue durée de vie (en moy. 16 000h soit 4ans)
  • Coût
  • Très bon rendement (lumen Watt : de 100 à 115)
  • Rendu des couleurs médiocre (lumière orange)
  • Les sites d’utilisations : Zones industrielles ou artisanales, axes majeures (rocades)
  • Les sites d’utilisation à éviter : Zone commerciales, piétonnier, lotissement, axe secondaire

La Iodure métallique

  • Durée de vie (en moy. 12 000h soit 3 ans)
  • Bon rendement (Lumen Watt de 90)
  • Fonctionne sur les anciens appareillages SHP existants
  • Rendu de couleur excellent (lumière type jour)
  • Coût
  • Les sites d’utilisation : Zone commerciales, piétonne, lotissement, parc, axe secondaire

Fluo Compact

  • Durée de vie (en moy. 12 000h soit 3 ans)
  • Bon rendement (Lumen Watt de 75)
  • Lumière douce, agréable à la vue avec un rendu de couleur excellent (lumière type jour)
  • Économie d’énergie (marche sur ballast électronique)
  • Coût
  • Peu utilisé actuellement, produit à devenir, stockage à prévoir pour maintenance
  • Les sites d’utilisation : Piétonnier, lotissement, parc, parvis, esplanade

Lampe à leds

  • Durée de vie (en moy. 175 000h soit 20 ans)
  • Mauvais rendement (Lumen Watt de 25)
  • Lumière douce, pouvant être de couleur différentes, (ne peut être utilisé pour de l’éclairage)
  • Économie d’énergie (consommation quasi nulle)
  • Coût
  • Peu utilisé actuellement, produit à devenir, manque de puissance
  • Les sites d’utilisation : Piétonnier, parc, parvis, esplanade ; pour l’instant à n’utiliser quand balisage.

Les appareillages d’enclenchement

Le ballast électronique

  • Il permet l’allumage des sources vues précédemment ; SHP, IM, Fluo compact.
  • Consommation de -5% à -10% par rapport à un ballast fero-magnétique.
  • Régulation de la tension (toujours 220 Volt par exemple donc favorise la durée de vie des sources
  • Poids encombrement
  • Sera imposé par les futures normes d’ici moins de dix ans, suites à l’évolution de la politique du développement durable (déjà imposé dans le bâtiment)
  • Sur un même départ de l’armoire il est possible qu’il y est une interférence avec d’autre appareillage.

Le ballast électronique de réduction de tension

Le mode de fonctionnement

  • L’appareillage permet de réduire l’intensité d’arrivée en fonction des heures planifiées à l’avance et à la tension souhaité.
  • Par exemple, une zone commerciale, grosse consommatrice d’intensité, n’a plus les mêmes besoins à deux heures du matin.

Deux possibilités

  • Le tout en un (ex : Philipps avec le système Cosmopolis).
  • Le boitier d’adaptation sur Balast électronique (Ex : Honewel).

La mise en œuvre

  • Soit installé dans la lanterne.
  • Soit installé en pied de mâts (ex : Sogexi)

Le ballast Fero magnétique

  • Fiabilité, retour d’expérience d’une trentaine d’années
  • Compatibilité avec les installations existantes sur un même départ
  • Coût de maintenance à la pièce pas au temps passé
  • Consommation supérieur de 5 à 10% au ballast électronique
  • Pas de possibilité de régulation sur la tension (cf paragraphe précédent)
  • Poids et encombrement

Les supports

Les mâts sont esthétiques mais peuvent également avoir un positionnement dans la démarche du développement durable.

  • Mât en fonte d’aluminium
  • Mât en acier
  • Mât en bois
  • Mât en béton

Les mâts acier galvanisé

  • Coût.
  • Résistivité aux vents
  • Bonne résistance à la corrosion dans le sol
  • Process de fabrication dans la politique du développement durable négatif
  • Résistance à un milieu agressif

Les mâts en aluminium

  • Résistivité à la corrosion en milieu agressif
  • Résistivité aux vents
  • Process de fabrication meilleur que pour l’acier, bien qu’encore polluant
  • Coût
  • Résistance à la corrosion dans le sol

Les mâts en bois

  • Intégration dans le site
  • Process actuel moins polluant que les deux mâts précédents, mais à base de collage polluant
  • Nouveau process environnementale (qui n’utilise plus la colle, mais le chauffage à très haute température permettant une fusion des plaquages bois)
  • Coût
  • Entretien
  • Vandalisme, sauf si utilisation d’une base acier ou fonte

Les mâts en béton

  • Intégration dans le site
  • Process de fabrication HQE
  • Résistance mécanique
  • Résistance à la corrosion
  • Vandalisme
  • Mise en œuvre difficile (poids)
  • Coût (moins cher que le bois)
Post-scriptum: 

L’intégration de l’éclairage dans le développement durable

Les débuts du constat sur la pollution remonte à juin 1992, dénoncé au cours du congrès de Parsi par l’UNESCO. Depuis cette date, les équipementiers ont étoffés leurs gammes de produit, avec des techniques moins consommatrice d’énergie.

C’est pendant la phase de conception qu’il faut puiser dans cette technologie, en se posant les bonnes questions et surtout les besoins que l’on désire avoir à la mise en service.

Il n’est pas nécessaire de plonger nos aménagements dans une pénombre pour gagner en pollution lumineuse ou en énergie. Il faut adopter une volonté de synergie entre le matériel existant et les besoins réels de nos lieux de vie.

En partant du principe que la meilleure économie d’énergie est de ne pas consommer, tout ajout se doit d’être « réfléchi ». Quel type de lanterne, avec quel mât et quelle gestion, voilà les questions que nous aménageurs nous devons nous poser.

L’objectif ; limitons, réduisons, réfléchissons, mais arrêtons cela.